Entretien avec Cécile Chicoye sur la reconversion du site en Oncopôle

Cécile Chicoye

Directrice de l’association de préfiguration du Cancéropôle jusqu’en 2009 et chargée de mission auprès du préfet de région jusqu’en 2010, Cécile Chicoye a suivi de près la reconversion de l’ancien site d’AZF en Oncopôle de Toulouse.

De quelle façon avez-vous suivi la reconversion du site ?

Après la décision de reconversion du site de Langlade en Cancéropôle, le préfet m’a chargée de coordonner et de mettre en place de front la dépollution du site  et le projet d’aménagement de la zone d’activité.

J’étais en quelque sorte le guichet unique pour l’État et j’ai coordonné l’ensemble des services de l’État sur tous les sujets soulevés par cette reconversion : dépollution, aménagement, urbanisme, zone inondable…

Quand l’Association de préfiguration du Cancéropôle a été créée début 2006, j’ai été mise à disposition à mi temps en tant que Directrice de l’association au côté de son président, le Docteur Talazac.

Concrètement comment suiviez-vous l’aménagement et la reconversion ?

Le très gros dossier à gérer au départ était la dépollution qui était une opération lourde et complexe. Dans le même temps, il était important de monter des projets pour sauver des emplois dans l’agglomération toulousaine. Plusieurs projets, comme l’ITAV, avaient émergé avant l’annonce du Cancéropôle. Ils ont naturellement été redéployés sur le site de Langlade, au sein du Cancéropôle.

Pour suivre l’avancement des projets, tous les 15 jours nous réunissions les partenaires directs du Cancéropôle : le Grand Toulouse, Pierre Fabre, SANOFI, le CNRS, l’INSERM, l’Université, l’ICR et le CHU.

Le Conseil régional s’y est joint après la signature du protocole. Les divers services de l’État étaient associés en tant que de besoin sous l’égide du préfet de l’époque, Jean Daubigny. Il faut noter leur très grande réactivité et notamment la diligence avec laquelle la DRIRE, à l’époque, a géré le difficile dossier de la dépollution.

Les partenaires se réunissaient surtout pour faire le point sur les avancées du projet et résoudre les problèmes techniques auxquels nous étions régulièrement confrontés.

Nous devions nous adapter pour prendre en compte une nouvelle réglementation, une nouvelle contrainte, par exemple, la modification de la législation sur les conduites de transport de gaz a conduit à une modification du plan d’aménagement élargissant la zone de sécurité.

Quand l’association s’est constituée, elle a été le moyen de cristalliser tous les partenariats qui s’étaient noués pendant cette période de préparation.

En février 2006, les collectivités locales et l’État (pour les financements nationaux et européens) ont signé un protocole d’accord pour boucler un état du projet, son plan de financement et la mise en place d’un comité de communication et d’un comité politique.

En complément l’association a donc aussi géré la communication du Cancéropôle qui a été une communication commune de toutes les partenaires sur le projet.

Comment est intervenue l’aide de l’Union européenne ?

Le soutien de l’Union européenne a été immédiat à travers la mobilisation des partenaires des programmes européens aux niveaux régional, national et européen.

Les partenaires du programme européen Objectif 2 de la période 2006/2006 financé par le Fonds européen de développement régional (FEDER) ont rapidement pris les mesures qui s’imposaient pour pouvoir soutenir l’agglomération toulousaine.

Sur la seule reconversion du site, l’Union européenne s’est déjà engagée sur plus de 19 millions d’euros en soutenant l’aménagement de la zone, la construction du Centre Pierre Potier et aujourd’hui encore pour le pôle de recherche publique et pour favoriser le recrutement dans les quartiers en difficulté autour du site.

Le cadre précis et les exigences des financements européens nous ont aussi obligés à bien définir et à faire avancer rapidement les projets.

Quelle a été la plus grande difficulté dans la création de l’Oncopôle ?

L’Oncopôle s’est implanté sur un site avec un passé qui a durablement marqué toute l’agglomération toulousaine.

Techniquement le projet était compliqué, il fallait jongler avec les dimensions règlementaires, les règles d’urbanisme, la dépollution, le projet scientifique et de santé publique.

Le projet a exigé un suivi constant d’un grand nombre de dimensions qui se croisaient au même moment.

Et tout cela devait être fait dans des délais rapides, la nécessité des financements nous a obligé à aller vite mais cela nous a aidé à faire avancer le projet.

L’Oncopôle réunit aussi un partenariat complexe, avec l’université, l’hôpital, des laboratoires de recherche publics et privés, des entreprises, les collectivités et l’État.

C’est réellement un projet multidimensionnel et c’est aussi cela qui le rend passionnant.

Vous souvenez-vous d’un aspect qui été plus facile que prévu ?

Oui, la collaboration entre les partenaires et notamment les collectivités a été exemplaire.

Tous les partenaires avaient vraiment la volonté de coopérer pour faire avancer le projet. Et cette collaboration était vraiment indispensable pour la réussite de l’Oncopôle.

En savoir + sur l'Oncopôle

L’Association Oncopôle de Toulouse
L’association se dénomme aujourd’hui Association Oncopôle de Toulouse.
Elle est présidée par Pierre Cohen, Maire de Toulouse.
Son directeur est Benjamin Gandouet.

L’Oncopôle
Pour en savoir plus sur l’Oncopôle, visitez son site internet : www.oncopole-toulouse.com

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